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3-Rosbras vu par Ouest France

Dans le sillage du centre nautique de Rosbras - Quimperlé


Il y a 45 ans naissait le petit club dans les eaux de l'Aven, entre Riec et Névez. Des générations de hardis navigateurs n'ont pas oublié.

« Croisière d'hiver dans les embruns glacés. Amitiés indéfectibles, joie, jamais démentie d'être sur l'eau, roches de Brigneau, Poulguin sous la lune, éclats de rire des enfants bravant la barre d'entrée du Belon, plus haute que le mat de leurs Optimist, soleil blond dans l'enroulement des vagues... »

Le témoignage de cet ancien stagiaire de Rosbras en dit long. C'est ici, dans ce petit paradis maritime, au coeur de l'Aven, entre rives riécoise et névézienne que se sont forgées des légions de marins en herbe, devenus pour certains d'hardis navigateurs (des Philippe Poupon et autre Francis Joyon ont tiré des bords par ici). Rosbras puis Brigneau et Doëlan furent laboratoires d'idées autant que le creuset de rencontres au bon goût du large.

La voile « populaire »

Lylène, compagne de bord d'Yvon, se souvient, des embruns plein les yeux, de cette équipée sauvage qui hissa à l'estime mais haut et fort le pavillon de Rosbras dès 1962. « C'est 25 ans de ma vie, abordée avec Yvon alors jeune instituteur. Nous étions un petit équipage à tout apprendre sur le tas : l'organisation, l'intendance, la formation des moniteurs... On cherchait, on trouvait des « marchés », qui nous ont menés très vite jusqu'en Allemagne, en Belgique via Paris (où le petit stand de Rosbras - « notre bazar » - faisait cahin-caha le salon nautique). « Tout ça c'était crevant ».

Éreintant mais conforme à l'idée première d'Yvon : faire que le plus grand nombre ait accès à la pratique de la voile. Une plaisance et des loisirs nautiques, loin d'être alors, en ce surlendemain de seconde Guerre, à portée de toutes les bourses. L'école de voile de Rosbras, (puis Brigneau et Doëlan) ne serait pas sans graver en lettres d'or le mot « populaire » sur la coque de ses bateaux.

« On vendait du Rosbras aux Antilles »

Très vite le petit club monte en puissance, se forge une réputation nationale, internationale. Dès 1969, quelque 200 moniteurs de voile forment 3 000 stagiaires aux virements de bords sur Optimist, Belon, Randonneur, Vaurien, Beatnik, Pschitt, Caravelle ou Corvette (liste non exhaustive). « Au début, les bateaux nous étaient prêtés. Puis on en a construit ici à Riec. On a croché dedans. On construisait nos locaux, réparait les coques de nuit... Il fallait bien naviguer au petit matin ».

Stages et croisières nautiques s'enchaînent. « On vendait du Rosbras jusqu'aux Antilles ». Des centaines de petits navigateurs venus des faubourgs parisiens déferlent. « Nous n'étions pas qu'une école de voile, disait Yvon Hémery, nous étions une école d'hommes. Si le stagiaire commettait une erreur de navigation, il n'en refaisait pas une seconde ».

Après le décès du fondateur, le vent porteur retombe. L'école décline doucement sous la lourdeur de gestion et d'entretien des équipements, la flottille de bateaux difficile à renouveler, l'essoufflement des équipes. La fin des années 1980 sonne le glas de l'épopée Rosbras-Brigneau. De cette aventure humaine, il reste l'esprit, la volonté farouche de faire naviguer, cette démocratisation de la voile en intelligence avec le milieu marin finistérien. Une école parfois à contre-courant (c'est aussi comme cela que l'on apprend à naviguer) qui force aujourd'hui le respect.

Pierre WADOUX. (Ouest-France ?)

Hisse-et-Ho


Date de création : 28/06/2022 - 17:42
Catégorie : Histoire du CNRB - Chantier Histoire du CNRB
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